Portrait : L’ovni Gigi D’agostino

Il a 20 millions d’auditeurs sur Spotify, plus de 300 millions de streams sur son dernier titre et entame sa 31e année de carrière, et pourtant vous n’avez peut-être jamais entendu parler de lui.

Portrait de l’ovni italien Gigi d’Agostino.

Né à la fin des années 60 à Turin, Luigi Celestino D’agostino s’impose dès son plus jeune age dans les soirées de la ville devenant rapidement résident de l’Ultimo Impero, un des plus gros clubs de Turin. Dans les années 90, il rejoint la team de production de Media records aux côtés de Mauro Picotto, installant les bases d’un nouveau style, la « Mediterranean Progressive », dont le classique « Robert Miles – Children »

Son premier succès arrive un peu plus tard avec « Bla Bla Bla » qui se hisse en haut des classements dans toute l’Europe, même chose pour « The Riddle » qui se vendra à plus de 200.000 exemplaires en France, et 1 million en Allemagne. C’est alors qu’arrive « L’amour Toujours », le hit qui ancrera l’italien dans l’histoire de la musique électronique, lui donnant une longévité rare.
Le titre accumule les disques de platine dans toute l’Europe et à travers le monde, il enchaînera avec un album et d’autres morceaux dans la même direction, avec plus ou moins de succès, puis prends une décision radicale.

Toujours vêtu d’accoutrements kitsch, bling bling, voir ridicules et la plupart du temps habillé en capitaine de bateau, l’italien se fout éperdument des modes et impose son propre style, aussi bien musical que véstimentaire.

Encore sur la vague de son succès, l’italien décide donc de ralentir toute ses productions à 100 bpm, et déclare la naissance d’un nouveau genre, le Lento Violento. Un style radical, au début minimaliste, voir carrément expérimental et sans queue ni tête, prenant parfois une direction quasi philharmonique.

Gigi d’Agostino prends soudainement la stature d’un demi-dieu pour son public italien, enchaînant les soirées où des hordes de fans se déplacent en masse pour écouter des sets dont la durée oscille entre 3 et 7 heures et ne jouant que ses propres titres.

Avec l’arrivée des réseaux sociaux, et son statut culte chez nos voisins italiens, début 2014, l’italien regagne en popularité sans raison apparente, sans un seul album sorti 6 ans. Les soirées sont sold-out et il fera même une résidence dans le plus prestigieux club techno d’Italie le « Cocorico », aux cotés de Deadmau5, Marco Carola & consort. Le phénomène s’amplifie de plus belle lorsque Tiësto reprend le fameux titre « L’amour Toujours » en duo avec Dzeko, mais ce n’est qu’en 2018 année que l’italien se hissera de nouveau en haut des classements avec une énième reprise de son titre.

D’abord un simple bootleg entre une version brazilian bass de « In My Mind » d’Ivan Gough & Feenixpawl, et la mélodie de « l’Amour Toujours », produit par le lituanien Dynoro, le titre est signé quelques mois plus tard et une sortie officielle voit le jour. Le compteur s’emballe, l’italien se retrouve avec plus d’auditeurs que DJ Snake sur Spotify, le titre se hisse en haut du top Shazam mondial et dans plusieurs pays et finit même en rotation sur la BBC…

Pendant ce temps-là, l’italien ne démord pas de son style Lento Violento, sortant un album surprise début Juillet intitulé “Fastolento”, avec un double album en préparation, totalement à contre-courant de la tendance actuelle. Après 30 ans de carrière, presque une vingtaine d’albums et compilations, sans jamais suivre la tendance, Gigi D’agostino a su fidéliser plusieurs générations à un style singulier, dont lui seul est le producteur, tout en jouissant d ‘un succès sans cesse renouvelé via les multiples reprises de ses anciens tubes. En bref, un ovni.

On vous conseille vivement d’explorer sa discographie aussi étrange que variée !

Sabotage

Posted on 28 octobre 2018 in Actus

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