[Report] Le Cosmos Festival a rasé les campagnes du Nord à grand coups de basses

C’est au cœur du département de la Somme, en région Hauts-de-France, que s’installait – pour la deuxième année consécutive – le tout jeune Cosmos Festival. Après une première édition prometteuse l’année passée, l’association Acouphène – originaire de la ville d’Amiens – faisait son grand retour du 6 au 8 septembre dernier. En co-production avec l’association Amnexia, les organisateurs – forts de leur première expérience – n’ont pas fait dans la dentelle, s’assurant ainsi de tenir leur promesse, d’un « voyage cosmique à travers la musique électronique ». Près de 120 artistes diffusaient ainsi leurs ondes dans les 60.000 m² des jardins du château de Buigny-Saint-Maclou (XVIII° siècle). Retour sur trois jours de fête.

Pour son premier anniversaire, cet évènement à l’allure intimiste rassemblait tout de même une foule composée de 20.000 fêtards – fidèles ou curieux. Le temps d’un week-end, la petite bourgade de Buigny-Saint-Maclou était le théâtre d’une rave géante entre techno, trance, hardcore, acid ou drum’n’bass, dans le cadre bucolique des campagnes du nord de l’hexagone.

En arrivant vendredi 6 septembre au soir sur le site picard, le spot était déjà assailli par une horde de teufeurs enjoués, pressés d’aller s’installer. Les automobilistes avaient enclenché le mode 4×4, pour se faufiler à travers champs. Par la suite venait enfin l’instant préféré des festivaliers : porter son matériel de camping et faire la queue. De plus, pour ne rien perdre du charme de l’instant, une légère pluie s’abattaient à ce moment sur le festival. Au premier regard, cette file semblait alors interminable… Cependant, l’engouement général ainsi que le son que lançait les enceintes de certains, suffisaient à motiver les troupes. Dans les starting-blocks pour la suite de l’aventure !

Bien qu’exigu, il faisait bon vivre au sein du camping. La proximité entre les tentes favorisait les rencontres et réchauffait les cœurs dans les tréfonds de la nuit. Pour d’autres, la mer de toiles devenait un véritable casse tête pour retrouver son chez-soi : c’était finalement, au petit bonheur la chance ! Le camping, proposait nombreux aménagements : stands, bar ainsi qu’une scène. Installée et tenue par des membres de l’organisation, cette dernière proposait aux campeurs une ambiance chill, sous fond de hardcore. Malgré tout, nombreux sont ceux frappés par la déception lorsqu’ils ont découvert qu’il n’y avait ni micro-ondes, ni machine à laver, ni réfrigérateur, ni bar à ongles… L’indulgence est une qualité rare, cela dit ! Pour les amateurs de « gadoutek » (faire la teuf dans la boue ndlr), la pluie par intermittence rajoutait un peu de piment et achevait de marquer la transition avec l’ambiance d’été, asperseurs, maillots de bain et tutti quanti. Finalement, c’est dans ces moments là, que l’on repère les plus motivés et déterminés !

Était au programme de ces trois jours, une multitude d’artistes aussi attendus les uns que les autres. Les organisateurs ont relevé le pari osé d’offrir un multison de qualité à leur public. Une aubaine pour ceux incapables de choisir entre le Defqon.1, le Boom, l’Awakenings ou la teuf du coin ! Pas moins de cinq scènes se voyaient afficher une timetable à en faire pâlir plus d’un, le tout sur une sonorisation 100% Void Acoustics.

Le premier soir, il fallait jongler entre les prestations de pointures du hardcore telles que N-Vitral ou encore Dr Peacock sur la Quasar Stage. Pendant ce temps, la trance de Berg laissait place à Le Wanski, Psylotribe, Ziqooh et Ketamane sur la scène Magnetar, entre tribe et hardtek. La Nebula Stage offrait quand à elle des ondes allant de la house à l’industrielle, avec notamment les vagues acides de Boston 168. La lourde tâche d’abandonner au petit matin tous ces festivaliers déchainés est revenue sur cette scène à Randomer, dont la brutalité inouïe n’a clairement pas laissé la fatigue s’installer : il est où l’after?!

Après une course entre les différentes scènes all night long pour être sûrs de ne rien rater, l’intention de la part des organisateurs de ne pas laisser le camping tout de suite dans le silence complet est notée… Le reste du festival se poursuivait dans les good vibes et la bonne humeur avec la house de Mézigue, suivi de Dusty Kid qui livrait ses ondes planantes dont lui seul a le secret. L’on basculait ensuite d’un côté plus sombre, avec Anetha ou encore SNTS. Cela dit, l’inénarrable moment du week-end restait sans nul doute, les dernières heures du festival, où Casual Gabberz envoyait ses incroyables remixs pour le plus grand bonheur du public, sans oublier les prestations exceptionnelles de Jacidorex, Mayeul, JKS et I Hate Models qui ont clôtureé le festival en beauté, le tout, sous un ciel qui s’était dégagé pour l’occasion.

Les jeunes membres de l’équipe organisatrice ont du faire face – problème inhérent aux métiers de l’événementiel – à certaines déconvenues. Concernant le débat houleux ouvert ici et là par l’état des toilettes – qui étaient visiblement frappés par une vague d’horreur – Louis Henri, président de l’association, tient à s’excuser auprès des festivaliers. « Notre prestataire devait effectuer plusieurs vidanges par jour », explique-t-il, confus et agacé, « mais à notre grand désarroi, les autres équipes en charge, ne sont jamais arrivées. Nous avons tenté par tous les moyens de contacter les responsables dans leurs bureaux, en vain ».

Malgré certains « aléas du direct » justement qualifiés par Louis, les membres d’Acouphène et d’Amnexia ne se sont pas laissé dépasser par les événements. De l’avis général, le Cosmos a tenu son engagement d’offrir à son public une expérience galactique hors du temps. La jeune association ne s’est pas dégonflée et a su offrir une expérience agréable et de qualité à son public. À cette heure-ci, les yeux de tous les cosmonautes demeurent d’ores et déjà rivés vers l’avenir, dans l’attente du prochain décollage.

Crédit photos : Julia Georges

Posted on 18 septembre 2019 in Actus

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